Communication réconviviale

Arbre à palabre (Catherine Seznec)

En tant que journaliste social, communicant d’entreprise et public de métier, j’ai été souvent confronté à ces besoins criants de « communication conviviale » : dans le cadre de la fusion difficile entre grands groupes industriels, d’enquêtes sur les souffrances au travail (Courrier Cadres), de questionnements sur les relations de défiance patients/soignants (Ligue nationale contre le cancer), de projets de territoires poussifs, de la « Convergence citoyenne pour une transition énergétique » avec la rédaction compliquée d’une charte commune (Déclaration de Lézan, 2011), ou encore dans le cadre de mes fonctions parfois solitaires de rédacteur-en-chef à la télévision (Canal J, France Télévisions).

Dès lors, ma formation (de 2012 à 2015) puis ma supervision (de 2016 à 2021) à la Thérapie sociale TST, avec son fondateur Charles Rojzman, ainsi que mes multiples expériences passées de communicant, m’ont permis d’acquérir des compétences spécifiques pour pouvoir accompagner des groupes à restaurer ensemble une communication conviviale plus propice au plaisir d’avancer ensemble dans la coopération. C’est ce que j’appelle la « communication réconviviale ».

Un travail à l’intérieur de cellules réconviviales pour pouvoir rétablir les nécessaires « conflits constructifs »

Le sens d’une communication réconviviale est de pouvoir recréer des espaces suffisamment confiants, conviviaux et fraternels pour faire vivre les conflits nécessaires aux dépassements de nos malentendus, de nos préjugés, de nos illusions, de nos peurs génératrices de blocages et de violences, de nos incompréhensions, de nos propagandes, de nos rejets, de nos oppositions stériles, de nos diabolisations… Cette méthode de communication qui utilise des savoirs de la thérapie sociale permet d’aborder les sujets qui fâchent et de communiquer en intelligence collective pour pouvoir mieux voir ensemble la réalité, mieux composer avec, en prenant en compte chacun dans qui il est vraiment.

Enfin, par ce travail, il devient possible de produire de l’intelligence commune, qui dépasse les habituelles expressions d’opinions individuels, de créer de la parole collective concertée, dans laquelle chacun et tout le monde se retrouvent, jusqu’à pouvoir l’exprimer publiquement en confiance.

Applications directes

  • Animations de rencontres entre des publics qui s’ignorent, se rejettent ou se méfient les uns des autres, mais qui ont pourtant des choses à faire ensemble
  • Animations de cellules dans des services, ou groupes-projets, en déficit de confiance et de communication conflictuelle constructive et transformatrice pour pouvoir réellement avancer ensemble
  • Animation de débats contradictoires constructifs auprès de publics antagonistes ou hostiles les uns aux autres (tables-rondes, réunions publiques, émissions télé ou radio, concertations publiques…)
  • Interviews de collectifs en confrontation constructive
  • Co-construction d’une parole collective, et expression et diffusion collective de cette parole
  • Inventions de supports de communication « inspirants », qui scénarisent et racontent les processus de « réconvivialité » (en rapportant notamment les dialogues conflictuels constructifs et réparateurs, l’évolution des ressentis des participants, les fraternisations, les actions collectives, créatives et transformatrices qui en ont découlé, etc.)
  • Formations à la Communication réconviviale, qui permettent d’acquérir des compétences relationnelles, notamment pour développer soi-même des capacités à favoriser des conditions de confrontations et d’expressions conviviales (la convivialité n’excluant pas les conflits, bien au contraire) par l’acquisition d’outils d’observance de soi, du groupe, de ses sentiments bloquants pour pouvoir les dépasser, etc.

Projets en cours

  • Interviews croisées « improbables » dans la presse et à la radio
  • Pince-oreille : projet de web-radio pour les malades du cancer
  • Cours à l’Université Clermont-Auvergne dans le Master communication et démocratie participative (rentrées 2017 et 2018)
  • Dispositifs spécifiques et inédits de concertation publique (en collaboration avec des agences parisiennes de communication publique)
  • Récolte et diffusion de paroles collectives et populaires (via des articles notamment)

A lire

L’interview de Charles Rojzman, fondateur de la thérapie sociale, dans Psychologies Magazine (mars 2018) : « Il y a urgence à aborder les sujets qui fâchent »