Et si la réponse aux fractures de notre époque commençait tout simplement par réapprendre à faire société ensemble ?
Nous avons beaucoup appris à vivre ensemble. Nous avons construit des villes, des institutions, des réseaux, des associations, des services publics, des outils numériques d’une puissance inédite. Et pourtant, quelque chose semble s’être défait dans nos relations les plus ordinaires.
Nous nous parlons moins. Nous nous connaissons moins. Nous vivons parfois côte à côte sans réellement nous rencontrer. Les générations se regardent avec méfiance, les milieux sociaux se côtoient sans se mélanger, les anciens et les nouveaux habitants ne partagent plus toujours les mêmes histoires. Les colères s’accumulent, les peurs se durcissent, les appartenances deviennent parfois des forteresses. Dans ce paysage de divisions croissantes, la démocratie elle-même peine à retrouver un espace où les citoyens puissent réellement se rencontrer.
C’est à cette situation que veut répondre un projet encore peu connu : la Société En-souveraine, élaborée et proposée par l’intervenant en thérapie sociale et écrivain Yves Lusson.
L’idée peut sembler ambitieuse, voire révolutionnaire. Elle l’est. Mais sa première caractéristique est précisément de ne pas commencer par une grande réforme institutionnelle, un nouveau parti ou un grand discours. Elle commence beaucoup plus simplement : par des groupes de personnes qui puissent se retrouver, se parler en vérité et accomplir quelque chose ensemble.
C’est ainsi que vont être posées ses premières pierres.
Une idée simple : retrouver nos souverainetés
La Société En-souveraine part d’un constat développé par Yves dans son essai Ressusciter le Peuple, Manifeste pour une Société En-souveraine, publié en 2025 aux éditions Ovadia : nous avons progressivement perdu une partie de nos capacités à savoir qui nous sommes, ce qui compte réellement pour nous, ce que nous voulons défendre et ce que nous sommes capables de construire tous ensemble.
La souveraineté dont il est question ici ne se réduit donc pas à la souveraineté d’un État. Elle commence à l’échelle de la personne.
Être souverain, dans cette conception, c’est pouvoir reconnaître ses propres besoins, ses propres motivations, ses propres expériences, ses propres convictions et ses « autorités propres » — tout ce que la réalité de sa vie lui a appris — puis être capable de les faire entendre sans empêcher les autres de faire de même.
La souveraineté devient alors également peu à peu collective.
Car connaître ses propres raisons d’agir ne suffit pas. Il faut encore apprendre à rencontrer celles des autres, y compris lorsqu’elles sont différentes des nôtres. Et surtout parvenir à transformer ces différences en capacité d’action commune.
C’est là que se situe le cœur du projet : passer de l’addition des individus à la reconstitution d’un corps social capable de coopérer.
Les dispositifs que Yves Lusson envisage avec les villes de Vierzon, dans le Cher, et de Montfermeil, en région parisienne, formulent cette ambition de façon très concrète : (ré)apprendre à se rencontrer, à se connaître, à se retrouver, à regarder ensemble la réalité en face, à reconnaître les motivations et les autorités de chacun, puis à avancer dans des dynamiques de coopération et de co-créativité transformatrices.
Ce n’est donc pas une théorie destinée à rester dans un livre.
La première étape consiste précisément à la mettre à l’épreuve du réel.
Première pierre : créer des « Cellules »
Le mot central est celui de Cellule.
Une Cellule est un espace relativement petit, volontairement sécurisé, dans lequel des personnes différentes peuvent apprendre à se rencontrer et se retrouver véritablement. Elle peut réunir des habitants d’un quartier, des professionnels, des artistes, des élus, des jeunes et des anciens, des personnes qui ne se parlent plus ou qui ne se seraient tout simplement jamais rencontrées – mais qui en ont pourtant grandement besoin.
L’objectif n’est pas de fabriquer artificiellement un consensus.
Au contraire : il faut pouvoir faire apparaître les désaccords, les peurs, les ressentiments, les incompréhensions et les conflits. Mais dans un cadre permettant de les regarder ensemble plutôt que de les laisser se transformer en défiances réciproques, en séparations, en divisions voire en haine ou en violence.
La méthode mobilisée est celle de la Thérapie sociale, à laquelle Yves Lusson s’est formé depuis 2012 auprès de son fondateur, le philosophe et psychosociologue Charles Rojzman. Le processus suit plusieurs étapes : installer la confiance, harmoniser les motivations, créer la rencontre entre les participants, permettre l’expression de la victimisation, passer progressivement de la victimisation à la responsabilité, faire circuler l’information, développer l’intelligence collective et parvenir à une transformation en prise avec la réalité.
Trois règles structurantes sont posées : obligation de présence aux séances, liberté de participation et confidentialité.
Autrement dit, avant de demander aux gens de construire ensemble, on commence par créer les conditions pour qu’ils puissent réellement être ensemble.
C’est une inversion importante par rapport à beaucoup de démarches participatives : on ne demande pas d’abord aux citoyens de produire des idées ; on commence par travailler sur les relations qui leur permettront ensuite, dans un cadre de confiance et de fraternité restauré, de produire quelque chose ensemble de créatif, de nouveau et de transformateur.
Deuxième pierre : partir de projets qui existent déjà
La Société En-souveraine n’a pas vocation à créer partout des dispositifs artificiels. Elle doit pouvoir s’enraciner dans des projets concrets qui existent déjà.
C’est exactement ce que Yves propose aujourd’hui à la Ville de Montfermeil.
Le projet prévoit ainsi d’introduire progressivement cette démarche dans plusieurs domaines : la Ville nourricière, le Défilé Cultures et Création, l’Espace Agora Terre des Hommes, les Ateliers Médicis, mais également une réflexion collective autour de la santé.
L’intérêt est considérable : la Cellule ne discute pas dans le vide. Elle travaille sur quelque chose qui doit réellement advenir.
Prenons la « Ville nourricière ».
Il est proposé de constituer un premier groupe d’environ quinze habitants, choisi pour sa diversité générationnelle, sociale et culturelle : retraités jardiniers, personnes expérimentées en permaculture, descendants de paysans, jeunes cuisiniers ou apprentis jardiniers, parents, etc. Cinq séances de quatre heures sont envisagées entre octobre et juin. Parallèlement, les animateurs du projet pourraient être formés aux outils permettant d’inclure la diversité, d’installer un cadre de confiance, de faire émerger les véritables besoins et motivations et de favoriser l’intelligence collective.
C’est une première brique particulièrement révélatrice.
On ne parle pas seulement d’écologie. On expérimente une écologie humaine et populaire : comment faire travailler ensemble des personnes différentes autour de la terre, de l’alimentation, du partage des savoir-faire et d’une économie locale d’échange ?
La souveraineté devient alors immédiatement concrète : produire, transmettre, cuisiner, échanger, décider.
Troisième pierre : transformer les lieux en infrastructures démocratiques
La deuxième grande expérimentation concerne les lieux.
Un tiers-lieu peut être simplement un endroit où l’on organise des activités. Il peut aussi devenir quelque chose de beaucoup plus ambitieux : un endroit où une population réapprend à faire société.
C’est l’ambition proposée pour l’Agora Terre des Hommes à Montfermeil.
Le lieu a déjà été conçu pour rompre l’isolement, favoriser la participation citoyenne, accompagner les familles et créer des passerelles entre les différentes cultures. Le projet propose d’aller plus loin en y faisant naître une véritable « culture de la vie démocratique ».
Concrètement, certains cycles de rencontres commenceraient par des séances destinées à constituer le groupe et à harmoniser les motivations. L’équipe d’animation serait elle-même accompagnée et formée sur plusieurs années afin d’apprendre à reconnaître les obstacles relationnels, à développer une posture inclusive et à permettre aux groupes de faire vivre des « conflits sains », nécessaires à la coopération.
Le changement de perspective est majeur.
Le lieu n’est plus seulement le contenant d’activités citoyennes. Il devient lui-même une infrastructure de démocratie.
C’est probablement l’une des innovations les plus importantes du projet : créer des espaces où la démocratie ne soit pas seulement une procédure de vote ou une consultation ponctuelle, mais une compétence collective qui s’apprend et se pratique.
Quatrième pierre : remettre l’art au cœur du faire-ensemble
La Société En-souveraine ne serait pas complète sans une autre idée forte : les êtres humains ne font pas société uniquement en débattant. Ils font aussi société en créant ensemble.
C’est le sens des « Arts collectifs ».
À Montfermeil, l’ouverture des Ateliers Médicis pourrait ainsi devenir l’occasion de lancer des premières Rencontres des Arts Collectifs : artistes et habitants, artistes confirmés et artistes en devenir, musiciens classiques et rappeurs, dramaturges et circassiens, plasticiens et écrivains, danseurs et poètes pourraient être amenés à créer ensemble.
L’enjeu est presque politique au sens le plus noble du terme : retrouver des imaginaires communs.
Dans une société où tout pousse à la personnalisation, au quant à soi, à la compétition et au chacun pour soi, faire œuvre ensemble constitue une expérience profondément différente. Chacun conserve son talent, son histoire et sa sensibilité, mais accepte que l’œuvre finale ne lui appartienne pas entièrement.
Elle appartient au collectif.
C’est pourquoi les Arts collectifs peuvent devenir l’un des laboratoires les plus féconds de l’En-souveraineté : apprendre à être pleinement soi sans cesser d’être avec les autres.
Cinquième pierre : le laboratoire Café 1928
À Vierzon, dans le département du Cher, cette philosophie va prendre une forme particulièrement spectaculaire avec Café 1928.
Le projet consiste à créer un spectacle vivant participatif au cœur du quartier populaire du Clos-du-Roy, avec le Centre social AJCV. Des habitants formeront une troupe amateur représentant la diversité sociale, culturelle et générationnelle du quartier. Ils travailleront à partir des archives locales, de la presse de l’époque et des récits des anciens.
Mais l’innovation ne s’arrête pas là.
Nous sommes en 1928. Un café populaire existe. Puis, mystérieusement, il se retrouve en 2028. Les personnages de l’époque rencontrent les spectateurs venus (pour eux) du futur.
Et les spectateurs ne sont pas installés sagement dans leur fauteuil.
Ils s’installent à table, au milieu des comédiens.
Ils deviennent des « spect’acteurs ».
Une partie du spectacle est écrite, une autre repose sur l’improvisation et sur les échanges avec le public. Chaque représentation peut donc devenir une expérience collective différente.
Le théâtre devient ainsi une sorte de machine à fabriquer de la rencontre.
Les jeunes peuvent recueillir les récits des anciens. Les habitants peuvent participer à l’écriture. Les costumes peuvent être fabriqués collectivement. Les décors également. La buvette devient elle aussi un espace de participation. Et le public est intégré à l’expérience.
L’objectif annoncé est d’au moins une vingtaine de représentations entre juin et octobre 2028, avec une forte accessibilité pour les habitants du quartier.
Café 1928 constitue donc une expérience grandeur nature de ce que pourrait être une Cellule d’En-souveraineté : un espace où la mémoire, l’art, les générations, les cultures et les différences sociales cessent d’être des catégories séparées pour devenir les matériaux d’une création commune.
Une triple rupture
C’est aussi ce qui permet de comprendre pourquoi le projet se présente comme profondément innovant.
La première rupture est méthodologique.
La Thérapie sociale n’est pas ici un supplément d’âme ajouté à une animation classique. Elle est utilisée comme une véritable ingénierie relationnelle pour permettre à des personnes séparées par leurs défiances, leurs peurs ou leurs représentations de retrouver une capacité de coopération.
La deuxième rupture est artistique.
Dans Café 1928, la scène traditionnelle disparaît. Le spectateur entre dans l’œuvre. Le passé vient à la rencontre du présent. L’improvisation ouvre un espace où le spectacle devient aussi une expérience de dialogue démocratique.
La troisième rupture est territoriale.
L’objectif n’est pas de créer un nouveau lieu réservé à ceux qui possèdent déjà les codes culturels, sociaux ou éducatifs pour y entrer. Il s’agit au contraire d’aller chercher la diversité réelle d’un territoire, dans ses quartiers, ses centres sociaux, ses associations, ses ateliers, ses jardins, ses lieux de soin et ses espaces culturels.
Autrement dit : la Société En-souveraine ne descend pas du haut vers le peuple. Elle cherche à pousser depuis le terrain.
Et si le chaos qui vient était justement une invitation à reconstruire ?
Pourquoi faire tout cela maintenant ?
Parce que le diagnostic posé est celui d’une société traversée par de multiples phénomènes de désaffiliation, de perte de repères, d’isolement et de défiance.
Le projet de Société En-souveraine fait le pari que nous ne pourrons pas répondre durablement à ces fractures uniquement par de nouvelles mesures institutionnelles, de nouveaux dispositifs administratifs ou de nouveaux discours.
Il faut reconstruire quelque chose de beaucoup plus élémentaire : la capacité des gens à se retrouver et à agir tous ensemble.
Le « chaos qui vient » est ici moins une prédiction qu’un horizon de risque tel qu’il est envisagé par le projet : celui d’une société où les divisions, les peurs, les replis, les haines et les violences pourraient continuer à s’approfondir si nous ne recréons pas des capacités locales de coopération.
La réponse proposée est donc elle aussi locale.
Elle commence dans un quartier.
Autour d’un jardin.
Dans un centre social.
Dans un atelier d’artiste.
Autour d’une table.
Dans un théâtre.
Dans un groupe de soignants ou de professionnels.
Dans un espace où des personnes qui ne se parlent plus peuvent recommencer à se parler.
C’est précisément ce caractère très concret qui donne à la proposition sa portée potentiellement révolutionnaire.
Une « cathédrale humaine » construite brique après brique
Le projet ne prétend pas transformer toute la société en une seule fois.
Il imagine plutôt une multiplication progressive des expériences.
Une Cellule fonctionne autour d’un objectif commun. Elle apprend à ses membres à se connaître, à traverser leurs obstacles relationnels, à confronter leurs points de vue et à coopérer. Elle produit ensuite quelque chose de réel : un jardin, une œuvre, un événement, un projet de santé, une action de quartier.
Puis les personnes qui ont acquis cette expérience peuvent à leur tour contribuer à d’autres projets.
Des animateurs sont formés.
Des lieux apprennent à accueillir autrement les conflits et la diversité.
Des habitants deviennent capables d’accompagner à leur tour des dynamiques collectives.
Les expériences peuvent alors se reproduire.
C’est exactement le sens de l’image proposée dans Ressusciter le Peuple : la Société En-souveraine serait une sorte de « cathédrale humaine », dont les Cellules constitueraient les briques élémentaires.
La métaphore est importante : une cathédrale ne se construit pas en décrétant qu’elle doit exister. Elle se construit pierre après pierre, par des générations de bâtisseurs.
Ici, les pierres sont des expériences humaines.
Des groupes qui apprennent à coopérer.
Des habitants qui reprennent confiance.
Des artistes qui acceptent de créer avec d’autres.
Des jeunes qui retrouvent une place parmi les générations.
Des anciens dont la mémoire redevient utile.
Des professionnels qui confrontent leurs pratiques.
Des citoyens qui découvrent qu’ils peuvent encore agir ensemble.
De Vierzon à Montfermeil… et peut-être bien au-delà
C’est pourquoi les expériences de Vierzon et de Montfermeil sont particulièrement intéressantes.
Elles ne constituent pas exactement le même projet. Elles ne répondent pas aux mêmes réalités territoriales. Mais elles peuvent expérimenter les mêmes principes dans des contextes différents.
À Vierzon, Café 1928 peut servir de laboratoire artistique, populaire et intergénérationnel.
À Montfermeil, les expériences envisagées permettent d’aller plus loin encore : alimentation, démocratie locale, création artistique, prévention des divisions, santé, formation des professionnels.
Dans les deux cas, le principe reste identique : partir du réel, rassembler des personnes différentes, sécuriser la rencontre, faire émerger leurs motivations véritables, puis les mettre en capacité de réaliser quelque chose ensemble.
C’est ainsi que le projet peut devenir progressivement reproductible.
Le projet proposé à Vierzon envisage d’ailleurs explicitement la possibilité que de telles Cellules se multiplient après 2028, avec l’appui de la volonté politique locale. Soutenu par le Maire de la ville, Café 1928 sollicite la labellisation et le financement de Bourges 2028, Capitale européenne de la Culture. Réponse en décembre 2026.
Le but n’est donc pas de créer une organisation centralisée qui viendrait apporter partout « la bonne solution ».
C’est presque l’inverse.
Il s’agit de transmettre une culture, une méthode et des outils afin que chaque territoire puisse faire émerger ses propres réponses à ses propres problèmes.
Une révolution qui commence à hauteur d’homme
La Société En-souveraine peut sembler révolutionnaire parce qu’elle remet en question une idée profondément installée : celle selon laquelle les grandes transformations devraient nécessairement venir d’en haut.
Ici, la transformation commence par le bas.
Elle commence par le voisinage.
Elle commence par la capacité d’un groupe à se parler.
Elle commence par la possibilité de transformer un blocage en coopération, une défiance en curiosité, une peur en responsabilité, une différence en ressource, une solitude en appartenance.
Elle ne promet pas la disparition des désaccords. Elle ne cherche même pas à les supprimer.
Elle propose quelque chose de plus exigeant : apprendre à vivre démocratiquement avec eux.
C’est sans doute là que se trouve le véritable enjeu.
Car une société démocratique ne peut pas tenir uniquement grâce à ses institutions. Elle a besoin de citoyens capables de se rencontrer, de se reconnaître, de supporter leurs différences, de confronter leurs visions de la réalité et de construire malgré tout des choses ensemble.
La Société En-souveraine veut donc reconstruire cette capacité fondamentale.
Pas demain.
Pas après une hypothétique grande réforme.
Maintenant.
Dans les projets qui existent déjà.
Dans les lieux qui sont déjà là.
Avec les habitants qui sont déjà présents.
Avec leurs histoires, leurs colères, leurs savoir-faire, leurs peurs, leurs rêves et leurs contradictions.
C’est pourquoi les premières pierres sont déjà identifiables : une Cellule autour d’un jardin, un groupe dans un tiers-lieu, une rencontre entre artistes et habitants, une troupe de théâtre populaire, un cercle de professionnels, un projet local de santé, un espace où des voisins recommencent à se parler.
Chacune de ces expériences paraît modeste prise isolément.
Mais dès lors qu’elles se multiplient, se transmettent et apprennent à fonctionner les unes avec les autres, elles peuvent commencer à dessiner une autre architecture sociale.
Une société dans laquelle les gens ordinaires ne sont plus seulement les bénéficiaires, les administrés, les consommateurs ou les spectateurs des transformations qui les concernent.
Une société dans laquelle ils redeviennent progressivement acteurs, co-créateurs et co-bâtisseurs de leur monde commun.
Voilà peut-être, au fond, ce que signifie « en-souveraine ».
Non pas une société où chacun ferait ce qu’il veut seul.
Mais une société où nous apprendrions à retrouver assez de souveraineté sur nous-mêmes pour pouvoir, enfin, nous remettre à construire tous ensemble.
Et si la révolution commençait simplement par là ?