La méthode

La Thérapie sociale est une méthode spécifique pour rétablir la coopération, qui m’a d’abord obligé à faire un important travail sur mes propres obstacles.

Dans le cadre de ma formation, puis de ma supervision, j’ai travaillé à surmonter mes propres obstacles : – à être moi-même face aux autres – à écouter et suivre mes intuitions et à pouvoir m’en servir – à m’accepter dans mes imperfections et mes limites – à me confronter avec les autres avec humilité, confiance et empathie – à reconnaître et faire valoir qui je suis, mes vrais besoins et mes vraies motivations, y compris et surtout ceux qui se cachent derrière mes « sentiments négatifs » : mes récriminations, mes ressentiments, mes doutes, mes replis, mes colères, mes peurs, mes souffrances, mes violences.
De plus en plus apaisé, j’ai gagné en capacité : – de m’estimer et d’estimer les autres, de les valoriser, de les sécuriser, de les aimer sincèrement – d’entendre leurs vrais besoins et leurs vraies motivations qui se cachent derrière leurs propres sentiments négatifs – de me remettre en question et d’avoir un esprit critique – de coopérer avec les autres en confiance.
Ce long travail sur moi-même au sein de mon groupe de formation (de 2012 à 2015) puis de supervision m’a été nécessaire pour pouvoir maîtriser la posture exigée de l’intervenant en Thérapie Sociale, et intégrer les différentes étapes du processus (source Institut Charles Rojzman) que je mets en oeuvre par des propositions spécifiques, afin de constituer le groupe et l’accompagner dans son propre travail de surmonter les obstacles à sa coopération en intelligence collective afin qu’il puisse réaliser ensemble son objectif.
Pour moi, l’une des principales spécificités de notre métier, c’est de savoir créer les conditions pour une transformation des blocages émotionnels et relationnels, permettant l’instauration d’un dialogue conflictuel constructif nécessaire à une véritable coopération, source de fraternisation et de créations collectives.

Vous trouverez ici un descriptif de la fonction de l’intervenant en Thérapie Sociale, publié par l’Institut Charles Rojzman sur son site, garant de la pratique et de sa qualité.

IIci une fiche plus détaillée du métier décrivant le processus (ICR).

Et le site de l’Association Européenne des Intervenants en Thérapie sociale.

 

Durant ma formation et mes animations, j’ai mesuré l’importance de notre spécificité de pouvoir créer les conditions de la confiance et intégrer les besoins et les motivations de chacun :

– Avoir confiance. Avoir confiance est indispensable pour être entendu, pour s’écouter, écouter ses intuitions, écouter vraiment les autres, pour dire vraiment qui nous sommes et ce que nous pensons au risque d’agacer, pour accéder à notre empathie, dire et entendre nos vraies préoccupations, nos émotions qui nous manipulent et nous empêchent, prendre sa place dans les échanges, le dialogue, le conflit, accepter d’être imparfait, de se perdre, d’errer, de chercher avec les autres sans trouver tout de suite, faire circuler la parole, lâcher prise, pénétrer dans l’inconnu, l’incertain, l’inattendu, l’imparfait, le mouvant, le changeant, la complexité, la création, la vie.
– Si l’on n’a pas confiance ? On ne s’écoute pas vraiment, on joue un personnage, on cherche à imposer ses propres idées, on chosifie l’autre, on ne tient pas compte de ses préoccupations ou de ses besoins, on cherche à passer en force (en usant de violences plus ou moins subtiles), on élude la discussion, le réel dialogue, le questionnement, les écueils, les conflits, on s’accroche au connu, au plus court chemin, à ses propres croyances, à ce qu’on sait déjà, aux solutions toutes prêtes, figées, auxquelles les autres ne croient plus. Cela empêche la vraie nouveauté, la créativité, la transformation.
– Intégrer les motivations de chacun.  Pour que tout le monde puisse dialoguer, il faut faire en sorte que les besoins réels de chacun soient entendus ou entendables, y compris et surtout ceux qui se cachent derrière les peurs, propres à la sensibilité de chacun, à son histoire singulière, à ses blessures, à sa vision du monde. Prendre conscience de ce qui nous anime, de ce qu’on veut faire de sa vie, de ce qui nous donne du plaisir, de ce qui fait sens pour nous. Entendre et accueillir ce qui anime l’autre, les autres, ce qui fait sens pour eux. Et alors s’intégrer, se mettre en mouvement avec les autres, confronter et harmoniser ses motivations, ses compétences, ses énergies, se mettre dans une dynamique collective et se transformer ensemble dès lors que nous avons tous à y gagner.
– Si les motivations propres de chacun ne sont pas prises en compte ? On ne se livre pas vraiment, on attend que ça se passe, on fait semblant, on ne connaît pas ses besoins réels, on les refoule. L’autorité « qui sait tout » nous agace. On veut bien participer aux échanges mais au fond on s’en désintéresse, on s’en détache, on abandonne. Le chef doit alors tout porter sur ses épaules, et il n’a d’autre choix que de proposer le plus petit dénominateur commun, qui ne froissera personne, mais qui fera illusion. Cela empêche de créer un véritable groupe interagissant et coopérateur, et de (s’)accomplir et (se) transformer vraiment ensemble.