La Société réconviviale

Recréons tous ensemble des cellules de vie conviviale et démocratique en vue de fonder une nouvelle société (multicellulaire) plus humaine et plus robuste

Dans la société actuelle dite « moderne » qui nous incline à nous séparer les uns des autres, à nous déshabiter de nous-mêmes, de nos racines, de notre histoire, de nos valeurs, de nos traditions, à nous couper du peuple et de nos libertés, à affaiblir nos solidarités, nos écosystèmes, nos économies locales, nos vies sociales, culturelles et spirituelles – en un mot à nos ôter nos dignités d’êtres humains -, il devient nécessaire d’oeuvrer tous ensemble à recréer des lieux tout particulièrement destinés à la restauration de notre convivialité, c’est-à-dire de nos « rapports positifs entre personnes, dans la société » (Dictionnaire Le Robert).

En accueillant en leur sein des gens qui aujourd’hui ne se parlent plus (ou trop peu), les Cellules réconviviales visent à nous apprendre à recréer ensemble des environnements plus durablement propices à nos rencontres authentiques et à nos coopérations démocratiques, fécondes et transformatrices pour pouvoir y refonder tous ensemble et petit à petit une société plus humaine et plus robuste : la Société réconviviale.


Comme son nom l’indique, la Cellule réconviviale est pensée pour pouvoir y développer des capacités d’entretien et/ou de rétablissement d’une vraie convivialité – au sein du (ou des) groupe(s) de convives fréquentant ce lieu – nécessaire à ses coopérations démocratiques, à l’intérieur d’un cadre circonscrit et sécurisé (la cellule) nécessaire pour pouvoir en assurer le bon fonctionnement. C’est pourquoi cette nouvelle notion puise dans la thérapie sociale et ses méthodes la maîtrise de la posture, du processus et des conditions nécessaires à l’instauration/restauration d’une confiance durable à l’intérieur de la-dite cellule et du (des) groupe(s) de convives. A l’image de la cellule du vivant, cet espace est imaginé pour pouvoir se prémunir de tout ce qui pourrait venir le détériorer, en répondant notamment au besoin de respecter les règles de base nécessaires à sa préservation : engagement de présence de ses convives sur un objectif et une durée bien définis, liberté de participation et de parole, confidentialité (condition essentielle de la confiance).

  

un espace sécurisé de rencontres et de coopération pour pouvoir contribuer tous ensemble à reprendre soin du pays

Le premier objectif de la Cellule réconviviale est d’y rendre à nouveau possibles nos « conflits » (re)constructifs et féconds nécessaires pour pouvoir coopérer localement, à partir de nos différences et de nos vies respectives, à prendre soin de notre vie sociale de proximité, par le retour du « peuple retrouvé », cette âme commune que nous partageons, tapie en chacun de nous et que nous ne devrions pas négliger.

 

Pourquoi recréer de tels espaces de réconvivialité dans les territoires ?

En permettant que le peuple puisse se parler à nouveau librement et fraternellement – c’est-à-dire nous tous issus des différentes composantes sociales, générationnelles, professionnelles et/ou culturelles d’un même territoire, d’un même village, d’une même ville, d’un même quartier, d’une même institution, du même pays, qui aujourd’hui sommes trop éloignés les uns des autres et ne nous parlons plus -, la Cellule réconviviale – qu’il s’agisse d’un tiers-lieu, d’un écolieu ou d’un autre lieu de vie sociale – se définit comme un espace spécifique de rencontres et de coopérations dont la raison sociale est de permettre aux habitants d’y retrouver du pouvoir de s’atteler tous ensemble à résorber, dans un périmètre géographique et/ou d’objectif donné, un affaissement local avéré et éprouvé : social, économique, écologique, alimentaire, culturel, intergénérationnel, sanitaire, artistique, spirituel, etc.

En s’engageant dans un dessein commun de renforcement local, à la fois ambitieux, concret, réaliste et atteignable, chaque Cellule réconviviale devient par la même un lieu de réintégration du corps social, au sein duquel, les habitants, en y oeuvrant ensemble à rétablir leurs capacités à se retrouver dans toutes leurs différences et leur diversité, à y trouver de la joie et du plaisir d’être ensemble et de se (re)parler, convoquent à nouveau leur âme commune – l’âme du peuple qui s’était désintégrée du fait des éloignements, des soumissions et des souffrances de la « vie moderne » -, en se reconnectant à ce qui finalement les anime tous au plus profond d’eux-mêmes et leur procure du bonheur : s’engager tous ensemble pour une cause humanitaire « plus grande qu’eux ».

Autrement dit, les Cellules réconviviales, à l’image du fonctionnement organique et différencié des cellules du corps humain, une fois (re)créées leurs capacités à croître librement et durablement dans la confiance et la sécurité relationnelle, et à se régénérer régulièrement, peuvent alors réaliser, à l’intérieur de chacune d’entre elles, leur dessein spécifique dans le corps social de façon plus naturelle, plus vivante, plus intelligente, plus créative, plus joyeuse, plus fraternelle, plus autonome, plus démocratique, c’est-à-dire en prenant mieux en compte les vrais besoins et les vraies motivations de chacun, en croisant les points de vue, en confrontant les expériences et les autorités : pour mieux poser ensemble des problèmes complexes, mieux en explorer des solutions en créativité et intelligence collectives, accomplir des transformations concrètes, justes et réalistes pour le bien de l’environnement direct et la vie des habitants. Ce, en oeuvrant aussi à pouvoir intégrer chacun.

En résumé, la Cellule réconviviale est un espace de rencontres sociales tendu vers la réalisation d’objectifs concrets et atteignables pour le bien commun. Elle est la brique élémentaire dans laquelle peut renaître une véritable vie démocratique, plus robuste et plus durable, pour le bien de la société, et par conséquent des personnes qui y vivent. 

 

Oui, nous avons besoin de tous

« Il ne s’agit plus de décider pour les autres. Plus que jamais, l’avenir est imprévisible et il est à construire par tous », clame Charles Rojzman, dans son ouvrage Sortir de la violence par le conflit (Ed. La Découverte). En cherchant à animer des cercles de rencontres entre des gens issus de tous les milieux, qui ne se rencontrent plus, je souhaite contribuer à agir dans le sens de l’appel de l’inventeur de la thérapie sociale pour une nouvelle « éducation à la vie démocratique » : « Aujourd’hui plus que jamais, le peuple a perdu le sentiment de sa valeur car il a l’impression que le monde de la science et de la technique ne peut être appréhendé que par des experts, explique Charles Rojzman dans un article publié le 1er mai 2017 dans le Huffpost. Où est la démocratie si le peuple n’a pas le sentiment qu’il peut lui-même participer à la réflexion sur les choix et les décisions qui touchent à l’essentiels de sa vie quotidienne ? ». Aussi, en développant la notion de Cellules réconviviales, et en me servant de mes compétences d’intervenant en Thérapie sociale TST et de journaliste et communicant social et public, je souhaite contribuer à ranimer la vie démocratique en en démultipliant les espaces, permettant ainsi à chaque citoyen et au peuple de reprendre en main leur destin, leurs usages, à combattre collectivement pour ce qui leur est juste, à faire valoir leurs propres autorités, à apprendre à « tirer la couverture à soi » face à des élites souvent hors-sol, parfois prédatrices, à faire reconnaître les responsabilités des uns et des autres, et à (re)prendre ainsi son rôle et sa place sur son territoire, dans son quartier, dans son village, dans son institution, dans la société – y compris sur les terrains social et politique -, dans son pays. 

Vers une société plus vivante et plus robuste à l’image des corps biologiques multicellulaires

Il n’y a pas de vie véritable sans liberté.

C’est ainsi qu’en devenant plus pérenne, chaque Cellule réconviviale pourra dans un deuxième temps s’articuler avec d’autres Cellules réconviviales pour pouvoir prendre naturellement un rôle dans le fonctionnement du corps social ainsi en voie de réintégration, à l’intérieur d’un plus vaste processus de transformation de la société en une sorte de corps multicellulaire beaucoup plus robuste et résilient, pour pouvoir affronter avec succès et créativité la réalité complexe, et créer et entretenir des environnements plus heureux, sécurisés, démocratiques, résistants aux agressions, dignes et épanouissants pour tous et pour chacun. C’est ainsi que peut naître un nouveau modèle de société : la société réconviviale. 

 

 

 Des Cellules réconviviales tendues vers quels objectifs ?

1/La reconstruction « d’environnements fraternisateurs », dans les couples, les familles, mais aussi de lieux dans la cité (tiers-lieux, écolieux, cafés, écoles, associations, lieux de vie partagée, etc.) qui favorisent les réconciliations entre milieux qui se haïssent ou s’ignorent, et la reconstruction d’une fraternité fondée sur la réalité – voir les trois articles de mon blog, Pour des tiers-lieux populaires, Pour des tiers-lieux démocratiques et Pour transformer vraiment nos territoires.

2/L’émergence d’une écologie démocratique, c’est-à-dire qui soit le théâtre de nos rencontres citoyennes et populaires pour une vraie écologie locale et réaliste dans les territoires (à échelle humaine) ainsi qu’une politique de santé plus raisonnable et humaine, et qui puisse ainsi permettre de développer nos échanges féconds de proximité – sociaux, économiques, culturels -, ainsi que les nécessaires relocalisations de nos activités pour une reprise en main de nos usages – dans le sens plus créatif, artisanal, en fonction de la réalité et des ressources locales -, notamment par ce qu’on appelle les « low techs » (voir mon article L’écologie sera démocratique ou ne sera pas, dans le média Tribune juive) ou l’émergence d’écolieux axés sur la vie démocratique.

3/Le développement d’arts collectifs (voir l’article de mon blog : Vive les arts collectifs)

 

Les étapes qui m’ont amené à développer la notion de Société réconviviale

  • De 1990 à 2010 : Mon parcours de journaliste scientifique, social et sociétal.
  • Août 2011 : Co-coordination de la Convergence citoyenne pour la transition énergétique, et initiation de la rédaction collective de la Déclaration de Lézan.
  • 2011 : Ligue Nationale contre le Cancer (Paris). Encadrement de la co-rédaction de l’ouvrage “Accompagnateur en santé : naissance d’un nouveau métier”

  • 2012-2015 : Formation au métier d’intervenant en Thérapie sociale TST avec son fondateur Charles Rojzman.

  • 2013-2016 : premières expériences d’animation de cercles citoyens : ciné-débats, rencontre d’inventeurs, rencontre autour des jardins partagés, rencontre d’artistes musiciens, rencontre d’acteurs du développement territorial… (voir Références).
  • 2016-2021 : animation, en tant qu’intervenant en Thérapie sociale TST supervisé, de groupes d’analyse de pratiques professionnelles axés sur le rétablissement de la coopération et de l’intelligence collective, auprès de travailleurs sociaux et de soignants (voir page consacrée à cette activité professionnelle).
  • 2016 : accompagnement de la création d’un centre de co-working, tiers-lieu de partage, d’entraide et de coopération pour des entrepreneurs solos et isolés (Issoire, Auvergne).
  • De 2017 à 2019 : Chargé de cours au Master Communication et Démocratie Participative de l’Université Clermont-Auvergne.
  • Fin 2018 / début 2019 : Animation, en tant qu’intervenant en Thérapie sociale TST, du séminaire d’une coopérative d’habitants à Grenoble, pour développer un mode de communication qui favorise la convivialité et la coopération.
  • 2018 : Projet de lieux de rencontres et de coopération avec des parents, femmes, travailleurs sociaux, jeunes de quartiers…, avec l’association La Brigade des Mères et l’Institut Charles Rojzman, qui a reçu le financement de la Région Ile de France (sur un objectif de prévention de la radicalisation).
  • 2018 : Projet Nous Tous Français, de cercles de rencontres en régions entre Français de tous milieux et de toutes origines, avec l’objectif d’écrire ensemble un socle de valeurs pour pouvoir reconstruire la communauté nationale.
  • Eté 2021 : Installation à Vierzon (Cher)
  • 12 juillet : allocution du Président Macron qui pérennise le pass sanitaire, la « vaccination » obligatoire et la distanciation sociale, un tournant sociétal qui m’inquiète et me conforte dans la nécessité urgente d’y répondre en accompagnant l’émergence d’une société réconviviale.
  • Novembre 2021 : animation de cercles de rencontres entre Gilets jaunes (Bourges).
  • Fin 2021-début 2022 : accompagnement de groupes de citoyens créateurs de tiers-lieux et d’écolieux démocratiques (La Cerise (Tarn), La Vallée aux Rivières (Cher)…)
  • 21 mars 2022 : Création de La Société réconviviale, structure de promotion, d’accompagnement et de formation.

 

 

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