Ateliers de réconvivialité

Les ateliers de réconvivialité que je propose en accompagnement et/ou en formation visent à contribuer à l’entretien et/ou au rétablissement des rapports positifs et féconds entre membres d’écolieux ou de tiers-lieux. A plus long terme, ils peuvent accompagner la naissance de véritables « foyers réconviviaux » (ou cellules réconviviales), c’est-à-dire capables de cultiver voire de rétablir par eux-mêmes la convivialité en leur sein et autour d’eux.

Keith Haring

Pourquoi beaucoup de lieux alternatifs ne parviennent-ils pas à durer dans leurs objectifs premiers de pouvoir « bien vivre tous ensemble », ou « faire tous ensemble » ?

Pourquoi de trop nombreux tiers-lieux et écolieux sont-ils encore incapables de répondre à leur idéal démocratique du « pouvoir de tous, par tous et pour tous » et à leur souhait de rassembler (et d’avancer avec) toutes les composantes de la société (le peuple) ?

Comme je l’explique dans La Société réconviviale, les lieux alternatifs de transformation sociale et sociétale (de transition, d’autonomisation, de relocalisation, de reprise en main des usages, de sobriété heureuse, de résilience, etc.) ne pourront atteindre leurs objectifs les plus glorieux que s’ils prennent soin de développer leurs capacités de « réconvivialité » entre tous leurs membres, et à terme avec tous les habitants et/ou citoyens d’un territoire ou d’une collectivité.

Les tiers-lieux, les écolieux et autres nouveaux cercles de solidarités, aussi grandioses soient leurs projets, sont en effet amenés à vivre de telles aventures humaines, à porter de tels enjeux de transformations sociétales, à tellement avoir à réinventer la vie en collectivité dans des chemins inconnus ou incertains, qu’il ne peuvent éviter de traverser des zones de grandes turbulences émotionnelles et relationnelles. Et celles-ci s’avèrent le plus souvent fatales aux collectifs qui n’y sont pas préparés. C’est pourquoi un travail en profondeur doit être mené pour pouvoir apprendre à combattre la destructivité* qui s’active inéluctablement quand les peurs ne sont pas reconnues, et qui tend à diviser, séparer, créer des clans, couper de la réalité, abandonner, exclure, isoler, atomiser, détruire les liens, souvent de façons subtiles, invisibles voire inavouables sous nos cieux (injonctions ?) de la « zénitude », de la « bienveillance » ou de « l’inclusion ».

*Nos haines, nos violences et nos illusions, souvent subtiles et parfois tournées contre nous-mêmes. 

La réconvivialité, pour apprendre à traverser les empêchements à « être nous »

Ainsi, la réconvivialité, loin de n’être qu’un talent à pouvoir (re)créer des environnements « sympas », « cools » ou « ouverts » (pour combien de temps ?) est surtout une capacité à instaurer/restaurer en profondeur et durablement des « rapports positifs et féconds entre les personnes dans un environnement social donné » (vraie définition de la convivialité), dans lesquels chacun peut être libre d’être pleinement lui-même, spontané et imparfait, de (faire) reconnaître et défendre ses propres besoins, ses valeurs, ses motivations (ce qui lui est cher et précieux), quitte à pouvoir y exprimer en sécurité ses désaccords ou ses ressentiments dans de nécessaires conflits, y compris avec l’agressivité ou la colère qui parfois accompagne tout naturellement ces conflits.

Pour Charles Rojzman, le père de la thérapie sociale, le conflit se différencie de la violence par « la façon dont je vois l’autre (et dont je me vois moi-même !) », non plus, pour ce qui est de la violence, comme un objet déshumanisé à contrôler, détruire ou rejeter, mais, pour ce qui est du conflit, comme un partenaire, un alter ego, que je suis à nouveau capable d’écouter, de considérer, d’affronter, voire d’aimer, malgré (ou avec) nos tensions, nos différends, nos désaccords, nos oppositions, nos antagonismes, nos malentendus, nos incompréhensions, nos imperfections respectives.

La peur de la liberté…

Les Ateliers de réconvivialité que je propose sont à la fois un accompagnement et une formation à une nouvelle ascèse (« Une nouvelle éducation populaire », pour reprendre les termes de Charles Rojzman) qui est en premier lieu un nouvel apprentissage à l’observance de ce qui se passe en soi, en l’autre, dans le groupe, dans l’environnement, et qui nous empêche d’être nous-mêmes dans la confiance, la convivialité, la responsabilité, la coopération, la sollicitude (c’est-à-dire dans notre nature commune d’être social aimant dans un environnement sain et sécurisé) : nos préjugés, nos illusions, nos peurs non reconnues qui nous manipulent et nous plongent dans nos failles en activant nos masques et nos monstres violents, tous ces personnages qui ne sont pas nous-mêmes (contrairement à ce qu’on croit trop souvent) mais qui ont depuis longtemps été pour nous autant de stratégies salutaires pour pouvoir survivre à tout ce qu’on subissait.

Dans un cadre de confiance, de liberté de parole et de sécurité, la réconvivialité nous invite à apprendre ensemble à mieux nous reconnaître nos peurs* avant qu’elles ne nous manipulent (et de reconnaître nos vrais besoins qui se cachent derrière ces peurs) ainsi qu’à faire, le cas échéant, l’archéologie de nos violences plus ou moins subtiles et de leurs utilités, et à chercher ensemble comment mieux pouvoir les transformer en capacités de conflits revitalisants, réparateurs de liens, créatifs et (re)constructifs.

Il s’agit ainsi d’un véritable travail de connaissance de soi en relation, non pas dans un objectif de développement personnel, mais de développement collectif (qui aura cependant un bénéfice d’individuation pour chaque personne, via le frottement avec les autres). 

*Doutes, craintes, soupçons, préjugés, appréhensions, inquiétudes, méfiances réciproques, etc. (la palette est large !)

 

Réconvivialité et thérapie sociale 

L’atelier de réconvivialité est pensé pour pouvoir y apprendre à développer ses capacités d’entretien et/ou de rétablissement d’une vraie convivialité – au sein du (ou des) groupe(s) de convives fréquentant un tiers-lieux ou un écolieux – nécessaire à ses confrontations démocratiques, à l’intérieur d’un cadre circonscrit et suffisamment sécurisé pour pouvoir en assurer le bon fonctionnement : la cellule. C’est pourquoi la réconvivialité puise dans la thérapie sociale et ses méthodes la maîtrise de la posture, du processus et des conditions nécessaires à l’instauration/restauration d’une confiance durable à l’intérieur de la-dite cellule. A l’image de la cellule du vivant, la cellule réconviviale sera créée de façon à pouvoir se prémunir de tout ce qui pourrait venir la détériorer, en répondant notamment au besoin d’y (faire) respecter les règles de base nécessaires à sa préservation : engagement de présence de ses convives sur un objectif et une durée bien déterminés, liberté de participation et de parole, confidentialité (conditions nécessaires pour pouvoir instaurer une vraie confiance).

 

 

 

 

 

Différents ateliers de réconvivialité pour des objectifs échelonnés

  • Atelier 1 (4 jours) : Découvrir ensemble comment restaurer de la convivialité dans le groupe
  • Atelier 2 (10 jours) : Définir ensemble comment restaurer la convivialité dans le groupe
  • Atelier 3 (25 jours) : Connaître les savoirs élémentaires de l’accompagnement d’un groupe de réconvivialité

A noter que les ateliers peuvent se compléter : par exemple, passer de l’atelier 1 à l’atelier 2 en ajoutant 6 jours, ou de l’atelier 2 à l’atelier 3 en ajoutant 15 jours.

 

Yves : 06 64 94 23 19 – ylusson@gmail.com

 

Belle métaphore de la réconvivialité, le Kintsugi est l’art japonais de réparer les vases au fil d’or