L’Espace réconvivial

Pour apprendre tous ensemble à restaurer notre convivialité tout en recréant des environnements plus humains

Dans une société qui nous incline à nous éloigner les uns des autres, à nous déraciner de nous-mêmes, de nos coutumes, de nos terres, de nos savoirs, de notre histoire, à nous couper du peuple et de nos libertés, à affaiblir nos solidarités, nos économies locales, nos vies sociales, culturelles et spirituelles – en un mot à nos ôter nos dignités d’êtres humains -, il devient nécessaire d’oeuvrer tous ensemble à créer de nouveaux lieux destinés à la restauration de nos convivialités.

En accueillant en leur sein des gens qui aujourd’hui ne se parlent plus (ou trop peu), les Espaces réconviviaux visent à nous apprendre à recréer ensemble des environnements plus durablement propices à nos rencontres authentiques et à nos coopérations démocratiques, fécondes et transformatrices pour pouvoir y refonder tous ensemble et petit à petit une société plus humaine.

Comme son nom l’indique, l’Espace réconvivial est conçu pour y permettre le rétablissement d’une vraie convivialité – au sein du (ou des) groupe(s) de convives fréquentant cet espace – nécessaire à leurs coopérations démocratiques, à l’intérieur d’un cadre circonscrit et sécurisé (ou cellule). C’est pourquoi il emprunte à la thérapie sociale et à ses méthodes les conditions nécessaires à l’instauration/restauration d’une confiance durable à l’intérieur du-dit cadre et des groupes de convives. A l’image de la cellule du vivant, cet espace est pensé pour pouvoir se prémunir de ce qui pourrait venir le détruire ou l’altérer, en répondant par exemple au besoin de respecter les règles de base nécessaires à sa protection : engagement de présence des convives sur un objectif et un temps donné, liberté de participation et de parole, confidentialité (condition essentielle de la confiance).

  

Un espace de rencontres et de coopération pour nous permettre de contribuer tous ensemble à reprendre soin du pays

L’objectif de l’Espace réconvivial est d’y rendre à nouveau possibles nos « conflits » (re)constructifs et féconds nécessaires pour pouvoir coopérer localement, à partir de nos différences et de nos vies respectives, à prendre soin de notre vie sociale de proximité, par le retour du « peuple retrouvé », cette âme commune que nous partageons, tapie en chacun de nous et que nous ne devrions pas négliger.

 

Pourquoi recréer des espaces réconviviaux dans les territoires ?

En permettant que le peuple puisse se parler à nouveau librement et fraternellement – c’est-à-dire nous tous issus des différentes composantes sociales, générationnelles, professionnelles et/ou culturelles d’un même territoire, d’un même village, d’une même ville, d’un même quartier, d’une même institution, du même pays, qui aujourd’hui sommes trop éloignés les uns des autres et ne nous parlons plus -, l’Espace réconvivial – qu’il s’agisse d’un tiers-lieu, d’un écolieu ou autre – se définit comme un espace spécifique de rencontres et de coopérations dont la raison sociale est de permettre aux habitants d’y retrouver du pouvoir de s’atteler tous ensemble à résorber, dans un périmètre géographique et/ou d’objectif donné, un affaissement local avéré et éprouvé : social, professionnel, culturel, intergénérationnel, sanitaire, environnemental, artistique, spirituel, etc.

En s’engageant dans un dessein commun de renforcement local, à la fois ambitieux, concret, réaliste et atteignable, chaque espace réconvivial devient par la même un lieu de réintégration du corps social, au sein duquel, les habitants, en y oeuvrant ensemble à rétablir leurs capacités à se retrouver dans toutes leurs différences et leur diversité, à y trouver de la joie et du plaisir d’être ensemble et de se (re)parler, convoquent à nouveau leur âme commune – l’âme du peuple qui s’était désintégrée du fait des éloignements, des soumissions et des souffrances -, en se reconnectant à ce qui finalement les anime tous au plus profond d’eux-mêmes et leur procure du bonheur : s’engager tous ensemble pour une cause « plus grande qu’eux ».

Autrement dit, les espaces réconviviaux, ou cellules réconviviales, à l’image du fonctionnement organique et différencié des cellules du corps humain, une fois (re)créées leurs capacités à fonctionner durablement dans la confiance et la sécurité relationnelle, et à se régénérer régulièrement, peuvent alors réaliser leur dessein spécifique dans le corps social de façon plus libre, plus authentique, plus vivante, plus intelligente, plus joyeuse, plus fraternelle, plus autonome, plus démocratique, c’est-à-dire en prenant mieux en compte les vrais besoins et les vraies motivations de chacun à l’intérieur du-dit espace, en croisant les points de vue, en confrontant les expériences et les autorités : pour mieux poser ensemble des problèmes complexes, mieux en explorer des solutions en créativité et intelligence collectives, initier des transformations concrètes, justes et réalistes pour le bien de l’environnement direct et la vie des habitants. Ce, en tâchant de n’oublier personne.

En résumé, l’Espace réconvivial est une sorte de cellule socialement mélangée, tendue vers la réalisation d’objectifs concrets et atteignables pour le bien commun. Il est la brique élémentaire dans laquelle peut renaître une véritable vie démocratique pour le bien de la société, et par conséquent des personnes qui y vivent. 

 

Oui, nous avons besoin de tous

« Il ne s’agit plus de décider pour les autres. Plus que jamais, l’avenir est imprévisible et il est à construire par tous », clame Charles Rojzman, dans son ouvrage Sortir de la violence par le conflit (Ed. La Découverte). En cherchant à animer des cercles de rencontres entre des gens issus de tous les milieux, qui ne se rencontrent plus, je souhaite contribuer à agir dans le sens de l’appel de l’inventeur de la thérapie sociale pour une nouvelle « éducation à la vie démocratique » : « Aujourd’hui plus que jamais, le peuple a perdu le sentiment de sa valeur car il a l’impression que le monde de la science et de la technique ne peut être appréhendé que par des experts, explique Charles Rojzman dans un article publié le 1er mai 2017 dans le Huffpost. Où est la démocratie si le peuple n’a pas le sentiment qu’il peut lui-même participer à la réflexion sur les choix et les décisions qui touchent à l’essentiels de sa vie quotidienne ? ». Aussi, en promouvant les Espaces réconviviaux, et en me servant de mes compétences d’intervenant en thérapie sociale et de journaliste et communicant social et public, je souhaite contribuer à ranimer la vie démocratique, c’est-à-dire à aider chacun et le peuple à reprendre en main leur destin, leurs usages, à combattre collectivement pour ce qui leur est juste, à faire valoir leurs propres autorités, à apprendre à « tirer la couverture à soi » face à des élites souvent hors-sol, parfois prédatrices, à faire reconnaître les responsabilités des uns et des autres, et à (re)prendre ainsi son rôle et sa place sur son territoire, dans son quartier, dans son institution, dans la société – y compris sur les terrains social et politique -, dans son pays. 

Vers une société plus vivante à l’image des corps biologiques multicellulaires

Il n’y a pas de vie véritable sans liberté.

C’est ainsi qu’en devenant plus pérenne, l’Espace réconvivial pourra dans un deuxième temps s’articuler avec d’autres espaces réconviviaux pour pouvoir prendre un rôle dans le fonctionnement du corps social ainsi en voie de réintégration, à l’intérieur d’un plus vaste projet de transformation de la société en une sorte de corps multicellulaire beaucoup plus solide et résilient, pour pouvoir affronter avec succès et créativité la réalité complexe, et créer et entretenir des environnements plus heureux, sécurisés, dignes et épanouissants pour tous et pour chacun.

 

 

Des espaces réconviviaux tendus vers quels objectifs ?

1/La reconstruction « d’environnements fraternisateurs », dans les couples, les familles, mais aussi de lieux dans la cité (tiers-lieux, écolieux, écoles, associations etc.) qui favorisent les réconciliations entre milieux qui se haïssent ou s’ignorent, et la construction d’une nouvelle fraternité fondée sur la réalité – voir les trois articles de mon blog, Pour des tiers-lieux populaires, Pour des tiers-lieux démocratiques et Pour transformer vraiment nos territoires.

2/L’émergence d’une écologie démocratique, c’est-à-dire qui soit le théâtre de nos rencontres citoyennes et populaires pour une écologie réelle et réaliste dans les territoires (à échelle humaine) ainsi qu’une politique de santé plus raisonnable et humaine, et qui puisse ainsi permettre de développer nos échanges féconds de proximité – sociaux, économiques, culturels -, ainsi que les nécessaires relocalisations de nos activités pour une reprise en main de nos usages – dans le sens plus créatif, artisanal, en fonction de la réalité et des ressources locales -, notamment par ce qu’on appelle les « low techs » (voir mon article L’écologie sera démocratique ou ne sera pas, dans le média Tribune juive) ou l’émergence d’écolieux axés sur la vie démocratique.

3/Le développement d’arts collectifs, (voir l’article de mon blog : Vive les arts collectifs)

 

Les étapes qui m’ont amené à proposer Les Espaces réconviviaux

  • De 1990 à 2010 : Mon parcours de journaliste scientifique, social et sociétal.
  • Août 2011 : Co-coordination de la Convergence citoyenne pour la transition énergétique, et initiation de la rédaction collective de la Déclaration de Lézan.
  • 2011 : Ligue Nationale contre le Cancer (Paris). Encadrement de la co-rédaction de l’ouvrage “Accompagnateur en santé : naissance d’un nouveau métier”

  • 2012-2015 : Formation au métier d’intervenant en Thérapie sociale TST avec son fondateur Charles Rojzman.

  • 2013-2016 : premières expériences d’animation de cercles citoyens : ciné-débats, rencontre d’inventeurs, rencontre autour des jardins partagés, rencontre d’artistes musiciens, rencontre d’acteurs du développement territorial… (voir Références).
  • 2016-2021 : animation, en tant qu’intervenant en Thérapie sociale TST supervisé, de groupes d’analyse de pratiques professionnelles axés sur le rétablissement de la coopération et de l’intelligence collective, auprès de travailleurs sociaux et de soignants (voir page consacrée à cette activité professionnelle).
  • 2016 : accompagnement de la création d’un centre de co-working, tiers-lieu de partage, d’entraide et de coopération pour des entrepreneurs solos et isolés (Auvergne).
  • De 2017 à 2019 : Chargé de cours au Master Communication et Démocratie Participative de l’Université Clermont-Auvergne.
  • Fin 2018 / début 2019 : Animation, en tant qu’intervenant en Thérapie sociale TST, du séminaire d’une coopérative d’habitants à Grenoble, pour développer un mode de communication qui favorise la convivialité et la coopération.
  • 2018 : Projet de lieux de rencontres et de coopération avec des parents, femmes, travailleurs sociaux, jeunes de quartiers…, avec l’association La Brigade des Mères et l’Institut Charles Rojzman, qui a reçu le financement de la Région Ile de France (sur un objectif de prévention de la radicalisation).
  • 2018 : Projet Nous Tous Français, de cercles de rencontres en régions entre Français de tous milieux et de toutes origines, avec l’objectif d’écrire ensemble un socle de valeurs pour pouvoir reconstruire la communauté nationale.
  • Eté 2021 : Installation à Vierzon (Cher)
  • 12 juillet : allocution du Président Macron qui pérennise le pass sanitaire, la « vaccination » obligatoire et la distanciation sociale, un tournant sociétal qui m’inquiète et me conforte dans la nécessité urgente d’y répondre en accompagnant l’émergence d’une société réconviviale
  • Novembre 2021 : animation de cercles de rencontres entre Gilets jaunes (Bourges)
  • Fin 2021-début 2022 : accompagnement de groupes de citoyens créateurs de tiers-lieux et d’écolieux réconviviaux et démocratiques (Corrèze, Cher…)

 

 

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